Avertissement
Introduction
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La descente du Gange
L'origine de Ganesh
Le voyage d'Himalaya
La création de Khajuraho  
Le Parc aux Cerfs
La légende du riz
Les lois de l'hospitalité 
L'antique colonne de fer
Les Bishnois
Swayambhunath
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Sources 


Avertissement :
Les histoires contenues dans cette page sont déjà présentes individuellement et dans leur contexte à la fin de chaque diaporama dans la Galerie Photos. Elles vous sont à nouveau présentées ici, ensembles, et de manière plus accessible. 

Introduction :
Cette collection de légendes rassemble des histoires très variées issues de la tradition indienne. Elle inclut des histoires de la mythologie, des légendes, des contes, où le passé et le présent, le mythe et la réalité historique se mêlent et se confondent. Ils sont divertissants, surprenants, ambigus, et en disent plus sur la mémoire et la culture d'un peuple que de longs discours. Alors, sans attendre, laissons parler les histoires...
 

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La descente du Gange :
Chaque année, au mois de janvier, quand le Soleil entre dans Capricorne, plus de cent mille pèlerins se rendent sur l'île de Sagar, près de Calcutta, pour célébrer en se baignant dans les eaux  la rencontre du Gange avec la mer. Le Gange est une rivière céleste, autant dire qu'il a fallu toute la patience et l'habileté des Dieux pour qu'elle daigne descendre sur terre. C'est ce que nous raconte la légende.
     Le roi Sagar, dirigeant de la dynastie Ikshvaku, était malheureux car il n'avait pas de fils. Il pria les Dieux pour avoir un fils pendant de nombreuses années et ses vœux furent exaucés. Une de ses femmes donna naissance à un fils et la seconde accoucha d'une calebasse. En voyant la calebasse, le roi donna l'ordre de la jeter. Mais les Dieux s'interposèrent et lui dirent de prendre grand soin des graines du fruit car mille fils forts naîtraient d'elles. Sagar fit comme on lui dit. Bientôt ses fils vinrent au monde et grandirent pour devenir des jeunes hommes. Un jour, alors que le roi célébrait l'Ashwamedh Yagya (la prière rituelle durant laquelle on lâche un cheval en liberté et n'importe quel territoire qu'il couvre devient la propriété du roi éxécutant le rituel. S'il y a une quelconque résistance, alors les armées du roi s'en chargent…), le cheval qui fut lâché disparut quand il eut atteint l'océan.
      Les fils, qui avaient accompagné le cheval, le cherchèrent partout. Ils commencèrent à creuser le fond de l'océan et atteignirent la demeure de Vishnu. Vishnu avait endossé le personnage de Rishi Kapil, et à côté de lui, le cheval perdu broutait paisiblement. Les fils de Sagar étaient fâchés et insultèrent le Rishi en le traitant de voleur. Les yeux du Rishi rougeoyèrent de colère. Au moment même où il regarda les fils de Sagar, tous furent transformés en cendres. Une voix céleste déclara alors que leurs cendres devront attendre leurs propres cérémonies jusqu'à ce qu'un de leurs descendants, Bhagirath, réussisse à amener Ganga, la rivière céleste, sur la terre.
      Pendant ce temps, le roi attendait le retour de ses fils et envoya alors son petit-fils, Anshuman, à la recherche de ses oncles. Anshuman atteignit l'endroit où vivait le Rishi Kapil. Il présenta ses respects au Rishi avec beaucoup d'humilité et lui demanda de lui donner le cheval. Le rishi, flatté par Anshuman, lui accorda le cheval ainsi qu’une faveur. Anshuman demanda donc que ses oncles soient pardonnés. Le saint lui assura que son petit-fils Bhagirath amènerait la rivière Ganga sur la terre et les cendres de ses oncles seraient ainsi purifiées et leurs âmes libérées.
      Anshuman gouverna pendant de nonbreuses années et eut un fils, Dileep, et tous deux essayèrent de trouver la manière d'amener Ganga sur la terre. Quand Bhagirath, le fils de Dileep, apprit le sort de ses ancêtres, il quitta son royaume et partit à la recherche de Ganga. Il alla dans l'Himalaya et pria les Dieux pendant des milliers d'années. Ganga lui apparut et consentit à l'accompagner sur terre. Ganga savait que si elle tombait du ciel, sa force détruirait le monde. Elle suggéra que Bhagirath demande à Shiva de la contenir dans ses cheveux pendant sa chute. Bhagirath alla au Mt. Kailash sur l'Himalaya et pria Shiva de retenir Ganga.
      Ainsi Ganga descendit avec toute sa force sur la Terre et Shiva la retint dans ses grandes boucles. Elle passa des années errant dans les boucles de Shiva et descendit ensuite sur la terre. Elle alla avec Bhagirath vers les cendres de ses ancêtres et à l'instant où l'eau toucha les cendres, tous les fils de Sagar furent rachetés. De là elle continua de couler et attegnit l'océan qu'elle remplit de nouveau de son eau.

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L'origine de Ganesh :
Ganesh, appelé aussi Ganapati, est le dieu le plus vénéré de l'Inde. On l'invoque au début de chaque cérémonie, avant le commencement de tout travail, et son image est utilisée pour annoncer une naissance, un mariage. Sa corpulence évoque la prospérité et symbolise la capacité à surmonter les obstacles. Connu pour être le Dieu de la sagesse et de la connaissance depuis au moins cinq mille ans, son image fut empruntée par les bouddhistes qui la propagèrent dans différentes parties du monde, y acquérant des formes locales. La mythologie se charge de nous raconter son origine.
Il y a bien longtemps, alors que le Dieu Shiva était parti au loin se battre avec les Dieux, la dame de la maison, la Déesse Parvati était seule à la maison. Un jour, elle eut besoin de quelqu'un pour garder sa demeure pendant qu'elle allait prendre un bain. N'ayant pas d'autre alternative, elle utilisa ses pouvoirs pour créer un fils, Ganesh. Elle donna instruction à Ganesh de veiller strictement sur l'entrée et ne laisser entrer personne. Ganesh acquiesça et monta la garde avec le zèle le plus strict.
Shiva revint de son voyage pendant que Parvati était encore dans son bain et voulut entrer chez lui. Ganesh, conformément aux ordres stricts de sa mère, refusa de laisser entrer Shiva.
"C'est ma propre maison", cria Shiva en colère.
Shiva était revêtu d'une simple peau et couvert de cendres. Ganesh lui parla comme à un mendiant, et lui demanda de s'en aller.
"La moitié du monde est à moi", cria Shiva, "bien que pour vous j'ai l'air d'un homme à moitié nu."
"Alors," dit Ganesh avec calme, "allez donc errer dans votre moitié de monde. Je suis le fils de Shiva et je garde la maison de ma mère."
"Je connais mes propres fils," tempêta Shiva, "et vous n'êtes pas l'un d'eux." Disant cela, Shiva coupa la tête de Ganesh. Alertée par ce tumulte, Parvati arriva en courant. Voyant son fils sans tête, elle tança Shiva, d'abord pour l'avoir laissée, deuxièmement pour ne pas reconnaître son propre fils, troisièmement pour leur pauvreté et cetera. Shiva ne pouvait supporter cela plus longtemps.
Le Dieu Shiva voulut se faire grandement pardonner auprès de Parvati et consentit à faire revivre Ganesh en lui mettant la tête de la première créature vivante endormie, qu'il verrait dormant la tête au nord. Il envoya ses soldats à la recherche de la créature. La première qu'ils aperçurent fut un éléphant. Alors le Dieu Shiva recréa son fils avec la tête de l'éléphant. D'où la trompe du Dieu Ganesh.
Parvati n'était toujours pas totalement satisfaite avec ça et voulait plus. Alors Shiva accorda cette faveur à Ganesh qu'avant le commencement de n'importe quelle entreprise ou tâche les gens adoreraient le Dieu Ganesh. D'où la raison de l'adoration de Ganesh avant le commencement de tout travail.

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Le voyage d'Himalaya :
Malgré la pauvreté et l'insalubrité, la ville de Bénarès (Varanasi) véhicule une image de festivité et de joie de vivre, d'urbanité et de culture. Les plaisirs simples de la vie y occupent une place prépondérante et l'opulence de ses bazars émerveille le visiteur. Bénarès est aussi une ville éminemment sacrée où l'on vient mourir et voir chacun de ses rites et actions de dévotion magnifiés. Ce paradoxe existait déjà dans cette très ancienne et délicieuse histoire.
    Quelque temps après le mariage de Shiva et Parvati, la mère de Parvati, Mena, fit remarquer à son mari, Himalaya, "Nous n'avons pas vu Parvati depuis qu'elle a épousé ce dieu nu Shiva, qui chevauche un taureau, se pare de serpents et de cendres et vit dans un lieu de crémation. Pourquoi ne te rends-tu pas chez eux à Varanasi pour avoir de ses nouvelles ?"
   Himalaya, à qui sa fille manquait beaucoup, fut d'accord pour le voyage et rangea dans sa valise une grande quantité de bijoux et de vêtements pour apporter à Parvati. Après tout, elle avait épousé un dieu qui ne possédait pas plus d'un habit et qui demeurait dans un lieu de crémation appelé Varanasi. Personne ne pouvait dire quelle sorte de maison elle avait ou de quoi elle pouvait avoir besoin. Himalaya se mit en route pour Varanasi avec des sacs de bijoux et de pierres précieuses - rubis, émeraudes et saphirs extraits de son trésor personnel. Venant du Nord, Himalaya arriva au bord de la rivière Varana et de là contempla la ville de Varanasi. Il ne pouvait pas en croire ses yeux :
   Sa terre même était constellée d'une multitude de différentes sortes de pierres précieuses et l'éclat des rubis de ses nombreux palais remplissait le ciel.
   La ville illuminait les quatre directions avec les nombreux pinacles d'or qui coiffaient ses demeures. Cela surpassait même le paradis des Dieux avec sa profusion d'étendards flottants. Merveilleux était le palais du plaisir des huit perfections, avec ses forêts qui portaient tous les fruits, surpassant même les arbres à souhaits du paradis.
   En voyant Kashi, une ville qui semblait être faite en or massif et ornée de pierres précieuses, Himalaya était embarrassé et honteux. Cela pouvait-il vraiment être la ville de son pauvre gendre Shiva ? A quel point la richesse qu'il avait apportée était dérisoire comparée à la grande fortune de Shiva. Stupéfié et humilié, Himalaya pensa, "je suis peut-être le Dieu des Montagnes, mais Shiva est le Dieu d'entre tous. La richesse que j'ai peut être mesurée, mais la richesse de Shiva est incommensurable."
   S'il ne pouvait faire rien d'autre, pensa Himalaya, il pourrait construire un grand temple ici avec la richesse qu'il avait apportée de son trésor personnel. Après s'être baigné à Panchaganga Ghat et ayant obtenu la bienveillance de Kala Bhairava, Himalaya établit un linga et fit construire un temple. Il l'appela Shaileshvara, "Le Dieu de la Montagne" et Shiva fut si heureux de ce temple qu'il consentit à demeurer là pour toujours, accordant richesse et libération à tous ceux qui venaient pour adorer.

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La création de Khajuraho :
Khajuraho, petit village de l'Inde centrale, doit sa réputation à ses magnifiques temples millénaires. Des 85 temples originaux, 22 ont survécu à ce jour pour constituer une des plus grandes merveilles artistiques au monde. Ainsi se raconte la légende avec son aura traditionnel...
     Khajuraho doit son existence à une ravissante jeune fille du nom de Hemvati. Elle était la plus belle fille de Hemraj, le prêtre royal de Kashi (Varanasi). Une nuit d'été, alors qu'elle se baignait dans les eaux étincelantes d'un bassin rempli de fleurs de lotus, le Dieu Lune fut si ébloui par sa beauté qu'il descendit sur la Terre sous une forme humaine et la séduisit. La pauvre Hemvati, qui était malheureusement une enfant veuve, menaça d'appeler la malédiction sur le Dieu pour avoir ruiné sa vie et sa réputation. Pour réparer son erreur, le Dieu Lune fit la promesse qu'elle deviendrait la mère d'un fils vaillant. "Emmène-le à Khajjurpura", pense-t-on qu'il ait dit. "Il sera un grand roi et construira un grand nombre de temples entourés de lacs et de jardins. Il accomplira aussi une cérémonie religieuse grâce à laquelle ton pêché sera effacé." Suivant ses instructions, Hemvati quitta sa maison pour donner naissance à son fils dans un petit village. L'enfant, Chandravarman, brave et fort, était aussi brillant que son père. Quand il eut atteint l'âge de 16 ans, il pouvait tuer tigres et lions avec ses mains nues. Ravie par ses prouesses, Hemvati invoqua le Dieu Lune, qui présenta leur fils avec une pierre de touche qui pouvait changer le fer en or, et l'installa comme roi de Khajuraho. Chandravarman remporta une série de victoires brillantes et construisit une puissante forteresse à Kalinjar. A la demande de sa mère, il démarra la construction de 85 temples magnifiques avec des lacs et des jardins à Khajuraho et accomplit la cérémonie qui la délivra de sa culpabilité.

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Le Parc aux Cerfs :
Aujourd'hui bruyante et fourmillante, Bénarès fut jadis une région vallonnée de forêts luxuriantes et d'étangs naturels, entourée par la magie des eaux du Gange. Un lieu d'ermitage apprécié par beaucoup des plus grands sages de l'Inde. Un peu plus au nord, il y avait une forêt dans laquelle le Bouddha délivra son premier sermon. Mais les habitants de ce lieu eurent auparavant à résoudre un certain nombre de conflits, comme nous le rapporte la légende.
Une terre immense au centre de l'Inde abritait des milliers de cerfs vivant au milieu d'un feuillage abondant. Le seigneur de cette terre aimait chasser. A cheval avec ses hommes, il parcourait le pays, traquant le cerf. Chaque fois, de nombreux cerfs étaient transpercés par leurs flèches. Beaucoup d'autres étaient blessés alors qu'ils s'enfuyaient, heurtant des rochers ou tombant dans des fosses. Une biche s'offrait pour cible afin de protéger ses petits. Cette terre paisible était devenue un enfer.

Un jour, alors que le seigneur et ses hommes se reposaient à l'ombre, ils aperçurent un cerf énorme qui approchait. La beauté et la stature du cerf, avec sa paire de cornes scintillante, bouleversèrent les chasseurs. Les hommes, fascinés par ce cerf magnifique, en oublièrent de tirer. C'était un des deux rois cerf de ce domaine. Le roi cerf s'agenouilla devant le seigneur et dit, "beaucoup de mes amis cerfs meurent ou sont blessés chaque fois que vous venez. Je veux arrêter cette tuerie inutile en faisant un marché avec vous. La quantité de viande que vous êtes capable de manger doit avoir sa limite. Dites-moi s'il vous plaît combien de cerfs vous avez besoin chaque jour, je vous les enverrai sans faute. Je crois que c'est la meilleure solution pour protéger mes amis cerfs."

Le seigneur fut très affecté d'entendre cela. "Je suis désolé. Je ne savais pas que vous souffriez autant à cause de moi. Je vous promets de ne plus aller chasser désormais si vous me donnez seulement un cerf par jour."

A partir de ce jour, les deux rois cerf envoyèrent alternativement un cerf de leur village au seigneur. Bien qu'une tuerie inutile fut évitée ainsi, c'était toujours une grande tragédie pour le cerf qui attendait son tour. Les rois cerf devaient toujours encourager le sacrifice du jour, disant, "Chaque créature vivante est mortelle. Personne ne peut échapper à la mort. Concentrez votre esprit sur la toute compassion de Bouddha. Il vous sauvera sûrement de votre souffrance après la mort. N'ayez ni peine ni rancune." Après avoir écouté, le cerf quittait le beau domaine, marchant solennellement jusqu'au palais.

Le tour fatal revint à une biche enceinte. Elle se rendit chez le roi de son village et implora, "j'attends un bébé dans quelques jours. S'il vous plaît, changez l'ordre et permettez-moi d'avoir le bébé. Je me rendrai chez le seigneur quand le bébé pourra se débrouiller seul." Le roi devint furieux. "Si je fais une exception, l'ordre sera rompu. Je refuse de le changer."

Découragée, la biche se retira en larmes. Elle ne voulait pas renoncer. Elle se rendit dans l'autre village et supplia le roi responsable du système. Le roi sympathisa profondément avec la biche et appela le cerf dont le tour était le jour suivant. "Seriez-vous assez aimable pour vous rendre chez le seigneur aujourd'hui à la place de cette biche ?" Le cerf devint perplexe, et dit, "si c'était mon tour d'y aller aujourd'hui, je l'accepterais comme mon destin. Mais j'ai encore un jour à vivre. Plus le temps qui vous reste est court, plus la vie prend de la valeur. Je ne le changerais pour rien ni pour personne. "L'ayant écouté, le roi ne pouvait plus insister désormais. En fait, le roi cerf savait qu'il n'avait pas d'autre choix que d'y aller lui-même.

Le seigneur fut étonné de voir que le roi cerf venait s'offrir en sacrifice. "Pourquoi êtes-vous venus ici aujourd'hui ? Vous devez avoir beaucoup d'autre cerfs dans votre village." Le roi cerf expliqua la raison de sa venue. Après l'avoir écouté, le seigneur fut profondément ému et prit conscience de sa propre cruauté. "Vous sacrifiez votre propre vie pour en sauver d'autres. Quelle grande bonté ! Combien de cerfs ai-je tués pour entretenir ma vie. Quelle honte !" Le seigneur promit au roi cerf qu'il ne mangerait plus de cerf désormais et interdit également à ses hommes de les chasser.

La paix fut rendue à la forêt. Les cerfs vécurent heureux sans aucune menace. Les gens de la terre aimèrent les cerfs, appelant le domaine, le Parc aux Cerfs.

Le Parc aux Cerfs fut l'endroit où le Bouddha Shakyamuni prêcha son premier sermon après son Éveil.

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La légende du riz :
Le riz a une grande importance culturelle en Inde du sud, et certains festivals, comme Pongal, célèbrent la récolte du riz par des festivités qui rassemblent tout le village pendant trois jours. On honore le dieu de la pluie, le soleil, et le bétail qui est abondamment décoré de fleurs. Tout le monde est remercié pour le travail dur dans les champs, mais il n'en a pas toujours été ainsi, comme nous le raconte la légende.
Au temps où la terre était jeune et toutes les choses meilleures qu'elles ne sont maintenant, quand les hommes et les femmes étaient plus forts et d'une beauté plus grande, et le fruit des arbres plus généreux et plus sucré que ce que nous mangeons maintenant, le riz, la nourriture des hommes, était d'un grain plus gros. Un grain était tout ce qu'un homme pouvait manger ; et en ces jours anciens, le mérite des gens était tel qu'ils n'avaient jamais besoin de travailler dur pour cueillir le riz, car une fois mûr, il tombait des tiges et roulait jusqu'aux villages, même dans les greniers.
Lorsqu'une année le riz fut plus gros et plus abondant que jamais, une veuve dit à sa fille : "Nos greniers sont trop petits. Nous allons les démolir et en construire de plus grands." Quand les vieux greniers furent démolis et que les nouveaux n'étaient pas encore prêts à l'emploi, le riz était mûr dans les champs. On redoubla de hâte, mais le riz en roulant affluait vers le lieu des travaux, et la veuve, irritée, frappa un grain et cria : "Vous ne pouviez pas attendre dans les champs que nous soyons prêts ? Vous ne devez pas nous déranger maintenant quand vous n'êtes pas voulus !" Le riz se brisa alors en milliers de petits morceaux et déclara : "A partir de ce jour, nous attendrons dans les champs jusqu'à ce que nous soyons voulus." Et depuis, le riz est d'un grain plus petit et les gens de la terre doivent le cueillir dans les champs et le transporter jusqu'aux greniers.

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Les lois de l'hospitalité :
En Inde, les gens sont, pour le meilleur et pour le pire, très attachés à leurs traditions. Dans certains cas, même quand toutes les formes du devoir et des convenances semblent être respectées, la notion de mesure est perdue. Le comportement atteint alors des extrêmes qui n'étaient peut-être pas souhaitables. C'est ce que vous raconte cette histoire à la fois drôle, ambiguë et cruelle.
   Une histoire indienne, souvent racontée sous des formes diverses, montre un oiseleur, un habile piégeur. Il capturait des oiseaux vivants et les vendait au marché.
   Un jour, parmi ses prises, il comptait un pigeon femelle, qu’il emportait dans une cage en bambou.
   Tandis qu’il traversait une épaisse forêt pour regagner sa demeure, un orage inhabituel frappa la terre. Toute marche était impossible. L’homme dut chercher un abri sous un arbre énorme. Il s’appuya contre l’arbre (auquel il demanda sa protection) et déposa près de lui, sur le sol, la cage qui renfermait le pigeon femelle et une autre cage, où se débattaient d’autres oiseaux.
   Il se trouva que cet arbre était l’habitation de la pigeonne, sa capture, qui vivait là avec son mâle. Celui-ci, qui se cachait de l’orage dans les cavités du bois, entendit les plaintes de sa compagne. Il sortit craintivement et la vit prisonnière dans une cage, au-dessous de lui.
   Les deux pigeons engagèrent la conversation, dans leur langage – que l’homme ne pouvait pas comprendre malgré son habitude des bois. Et les autres oiseaux crièrent au pigeon mâle :
   – Vite ! Descends ! Délivre-nous !
   – Il s’est endormi ! N’aie pas peur ! Viens !
   En effet, le chasseur laissait tomber sa tête sur sa poitrine et s’abandonnait au sommeil.
   Le pigeon mâle descendit de l’arbre et, à coups de bec, à coups de pattes, il s’attaqua aux liens qui fermaient la cage de la femelle…
   – Que fais-tu ? lui dit celle-ci.
   – Je lutte contre ces attaches.
   – Pourquoi ? Tu as d’abord d’autres devoirs.
   – Dis-moi.
   – Cet homme a froid. Tu dois le réchauffer.
   Le mâle parut très vivement surpris et dit à la femelle prisonnière :
   – Réchauffer notre ennemi ? Cet homme qui t’a capturée et qui veut te vendre au marché ? As-tu perdu l’esprit dans le vent ?
   – Non répondit fermement la femelle. Mon esprit est clair, même dans ma cage. Plus clair peut-être.
   Mais les autres oiseaux criaient, tout en s’agitant dans leur cage :
   – N’écoute pas cette insensée ! Délivre-nous ! Aucune hésitation n’est concevable !
   Troublé par l’attitude de la femelle, le mâle lui demanda :
   – Que veux-tu me dire ?
   Tu as oublié ce que tu sais, lui répondit-elle. Notre ennemi a choisi cet arbre pour abriter un moment sa fatigue dans la tempête, et cet arbre est notre demeure. Cet homme est donc chez nous, il est notre hôte. Le destin, qui s’appelle aussi le hasard, l’a dirigé cette nuit jusqu’à nous. Même dans le territoire obscur du sommeil, la tête penchée, les bras faibles, il est plus précieux que nous. Nous lui devons respect et assistance.
   – Ne l’écoute pas ! criaient les autres oiseaux. Ne te trompe pas sur ton devoir ! N’obéis pas à cette loi ! Une loi que l’on suit étroitement devient absurde !
   – C’est le destin qui a déclaré cette tempête ! reprit un autre oiseau. C’est le destin qui a mené le chasseur jusqu’ici !
   – Oui ! Pour que tu nous délivres !
   – Et c’est le destin qui l’a endormi !
   – Fais vite avant qu’il se réveille !
   – Veux-tu voir ton épouse en esclave ?
   Mais le pigeon mâle demeurait immobile devant la cage de la femelle. Et celle-ci, qui paraissait très calme et sûr d’elle, lui dit encore :
   – N’écoute pas les cris des autres captifs qui sont prisonniers de leur souffrance. Néglige une pitié banale. Un ordre supérieur cette nuit nous commande. Ne sois pas insensible à cet ordre. Vois plus loin que moi. Va chercher du bois sec pour réchauffer cet homme et dépêche-toi, car il tremble.
   Le mâle s’élança dans la forêt. Trouver du bois sec au fort de l’orage ne fut point facile. L’oiseau fit des dizaines et des dizaines de voyages, apportant des brindilles, des bouts d’écorce et de la mousse, qu’il entassait au pied de l’arbre à l’abri de la pluie, tandis que le piégeur, détruit par la fatigue, dormait.
   Quand le tas lui parut assez gros, méprisant les cris d’indignation des autres oiseaux captifs, le pigeon mâle, encouragé par sa femelle, s’élança pour trouver du feu. Il pénétra, à ses périls, dans plusieurs demeures de paysans où du feu pétillait. Il se cacha, il rusa, il réussit à saisir et à emporter dans son bec une petite bûche embrasée. Il la tint sous son aile, se brûlant les plumes, pour la protéger de la forte pluie. Mais malgré ses efforts la braise s’éteignit.
   Il recommença, deux fois, trois fois, quatre fois. A la cinquième tentative, à bout de résistance, il parvint à allumer le feu tout près du chasseur endormi.
   La nuit tombait déjà. L’oiseau se tenait sur une des branches, épuisé par six heures d’efforts.
   Le chasseur se réveilla et tendit ses mains vers la flamme. Il rajouta du bois au feu.
   L’orage ne se calmait pas. Les deux pigeons, qui observaient alors le chasseur, le virent alors porter une main à son estomac.
   – Il a faim, dit le pigeon femelle à son compagnon.
   – Oui, il a faim, lui dit le mâle. Il est notre hôte. Nous devons le nourrir.
   – Tu as raison, lui dit la femelle emprisonnée. Nous devons le nourrir. Il le faut.
   Ils s’étaient compris l’un l’autre. A cette heure tardive, il était illusoire de rechercher dans la forêt quelque nourriture pour le chasseur. Tout était sombre et hostile. Alors le pigeon mâle ferma ses ailes et se laissa tomber au milieu des flammes au-dessous de lui, sous les yeux étonnés du chasseur. En un instant ses plumes brûlèrent, sa peau se rôtit, sa vie se perdit.
   Le chasseur, qui comprenait parfaitement le sens de ce geste, se sentit ému jusqu’aux larmes. Il ouvrit la porte de la cage et rendit la liberté à la femelle, tout en lui demandant pardon, ainsi qu’aux autres oiseaux.
   Mais la femelle, au lieu de s’éloigner dans la forêt, rejoignit aussitôt son époux dans les flammes et brûla près de lui.

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L'antique colonne de fer :
L'histoire que j'ai choisie de vous raconter n'est pas une légende. C'est l'histoire vraie d'un petit monument à l'ombre du Qutab Minar, impressionnante tour musulmane du XIIème siècle au sud de New Delhi. La vie de ce monument discret contient néanmoins tous les ingrédients propres aux légendes. Elle mêle passé et présent, mythe et réalité, et une bonne dose de mystère.
Des taches blanches ont commencé à apparaître sur l'antique colonne de fer à New Delhi, qui pendant plus de 1600 ans a été considérée comme un étonnement métallurgique en défiant la rouille et les caprices de nature.

Elle est debout, fière et provocante, une relique exotique d'un passé extravagant. La colonne de fer, située au centre de la Mosquée Quwwatul dans le secteur historique de Mehrauli, continue à étonner les touristes, qui se demandent comment une telle pièce d'artisanat ancien est restée sans rouille. On dit qu'elle a été construite pendant l'âge d'or de la dynastie Gupta. La colonne est érigée à côté du mondialement renommé Qutb Minar.
 
Selon A. K. Khanna, l'assistant ingénieur responsable de l'Archeological Survey of India, d'éminents métallurgistes du monde entier ont rendu des hommages élogieux au talent des anciens artisans hindous qui avaient apparemment maîtrisé la science des métaux.
 
Khanna révéla comment, déconcerté par la capacité de la colonne à "conjurer la rouille," le célèbre archéologue britannique Sir Alexandre Cunningham en envoya un échantillon pour une analyse chimique qui révéla qu'elle était faite de fer malléable pur - 99.9 pour cent. "Mais," conclut-il, "personne jusqu'à aujourd'hui n'a été capable d'établir comment la science métallurgique avait atteint de tels sommets pendant le règne du Roi Chandra II Vikramaditya de la dynastie Gupta."
 
Les historiens semblent également désemparés sur la date exacte de l'origine de la colonne. Une inscription sur la colonne en écriture Pali la mentionne comme Vishnudhwaj (le symbole du Dieu hindou Vishnu) sur le sommet du mont Vishnupad (les pieds de Vishnu).

En 1897, l'historien britannique Vincent A. Smith a étudié cette inscription, mais fut étonné par une autre inscription plus bas. Alors que l'inscription au sommet de la colonne indiquait que c'était le monument de victoire du Roi Chandra, celle du bas mentionnait le Roi Anang Pal II de la dynastie Chauhan qui régna en Inde du nord durant la fin du onzième siècle.

Cela a d'une manière prévisible mené à quelque confusion. Beaucoup de mythes ont également entouré la colonne. Le docteur Munish Chandra, ancien directeur général de l'Archeological Survey of India et célèbre savant, a cherché à séparer la légende de la réalité.

Dans les siècles précédents, beaucoup d'hindous dévots ont commencé à croire que le puissant Bheem (l'homme fort des textes mythologiques du Mahabharata) souleva la colonne avec sa main droite et l'empala dans la terre. "Cela se développa en une légende que les masses hindoues religieuses ont aisément absorbée," affirma le Docteur Chandra.
 
La colonne est une solide tige de fer de 7 mètres 20 de hauteur. Son diamètre varie de 32 cm au sommet à 42 cm au sol. Quand on lui demanda des détails sur ses recherches, le Docteur Chandra souligna que la colonne était entourée par une image du Dieu Vishnu, qui fut probablement enlevée par les envahisseurs Musulmans. Cela explique pourquoi les dirigeants Musulmans la laissèrent au centre de la Mosquée Quwwatul.
 
Il a été par la suite découvert que la colonne n'a pas été coulée, mais minutieusement construite par un processus de soudure.
 
L'historien britannique Percival Spear, par ses recherches, fut capable de déterminer qu'il y avait une statue attachée à la colonne mais il n'a pu l'identifier.

Même après le passage de 15 siècles, la colonne de fer reste autant une énigme qu'elle l'était après le règne du Roi Chandra. Cependant, la croyance hindoue répandue qui raconte qu'elle a été empalée là par Bheem a abouti à un problème particulier.
 
Comme chaque jour des centaines de touristes indiens curieux essayent d'encercler la colonne de leurs bras (selon la légende hindoue, y parvenir apporte la bonne fortune), des taches blanches ont commencé à apparaître sur sa partie inférieure. Inquiet, Khanna mit en garde, "L'homme a détruit beaucoup de monuments historiques. Nous devons prendre garde à ne pas endommager cette colonne de fer qui est une grande attraction universelle."
 
On ne sait pas si l'appel de Khanna pour la conservation sera vain ou si le bon sens prévaudra. Quoi qu'il en soit, la colonne du Roi Chandra continue à être une source d'édification et de mystère : un vrai hommage à l'héritage puissant de l'Inde.

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Les Bishnois :
Il y a de la  majesté dans chaque homme et femme du Rajasthan. Ils sont connus pour être entreprenants, plein de ressources et audacieux. Ne sont-ils pas après tout les descendants des rois. De nombreuses histoires évoquent des actes de courage désespérés, même en face d'une mort certaine. Aujourd'hui encore, leur sens de l'honneur, de la famille et de la tradition reste intact, se manifestant parfois en faveur des causes les plus inattendues, comme nous le raconte l'histoire vraie des Bishnois.
   Dans le désert du Thar au Rajasthan, les couleurs de la nature semblent être confinées seulement au brun et à ses nuances généreuses. Le seul répit est dans les couleurs des vêtements de ses habitants, peut-être l'effort de l'homme pour compenser l'injustice de la mère nature. Les pluies annuelles sont ici très faibles et la température en été dépasse les 50°C. Soudain, dans la rudesse du désert, une antilope... une autre encore, puis un troupeau tout entier broutant paisiblement dans la lumière dorée du matin. Jadis, ces antilopes peuplaient toute l'Inde et ses régions voisines. Elles sont parmi les plus belles qui soient, avec une livrée brun foncée pour les mâles et de magnifiques cornes torsadées. Capables de bonds prodigieux, leur course est une des plus rapides au monde, pouvant atteindre 80 kms à l'heure, si rapide que les princes qui convoitaient leur peau, leur chair et leurs belles cornes devaient dresser des guépards pour les chasser. On raconte que l'empereur Akbar, au XVIème siècle, pouvait tuer près de cent antilopes en une seule journée.
   C'est à cette époque qu'une grande sécheresse frappa le Rajasthan. Elle dura plusieurs années, et ses habitants, affamés, se mirent à leur tour à tuer les antilopes pour survivre. Un jeune homme de la région, Jamboji, s'alarma de ce que tant d'antilopes soient tuées et des conséquences que cela pouvait avoir pour l'environnement. Il définit alors 29 préceptes ayant pour but de protéger la nature et ses animaux, qu'il proposa à son entourage de suivre.
La vue des antilopes est la première indication de la présence des villages Bishnois. Les Bishnois (29 en hindi) sont les adeptes des 29 préceptes édictés par Jamboji. Les membres de cette communauté, strictement végétariens, appliquent une non-violence totale envers tous les êtres vivants. Ils sont probablement la seule explication derrière la vie sauvage encore prospère dans cette région du Thar. Les femmes Bishnois sont connues pour nourrir au sein les faons et leurs hommes ont laissé leur vie en tentant de sauver les antilopes.
   Parmi les 29 règles dictées par Jamboji figurent un mode de vie basé sur des principes écologiques, le respect pour tous les animaux et la protection des antilopes en particulier. D'ailleurs, on dit que Jamboji avait une antilope qui restait toujours à ses côtés. Les Bishnois n'ont pas de temple. Le Khejri est l'arbre sacré autour duquel, selon une des 29 règles, une maison Bishnoi doit être construite. L'arbre fournit de l'ombre et du fourrage, et les coques de ses fruits réduites en poussière entrent dans la composition du curry. Les racines profondes empêchent le désert de gagner du terrain et l'arbre ne doit jamais être coupé tant qu'il est vert.
   En 1778, un haut fonctionnaire de l'Etat de Jodhpur vint avec ses troupes couper des arbres Khejri pour quelque but officiel. Alertée, la communauté tenta de s'y opposer, mais les soldats passèrent outre. Une à une, 363 personnes donnèrent leurs vies pour sauver leurs arbres sacrés. Cette tuerie aboutit à un ordre royal interdisant de couper des arbres sur les terres Bishnois, et chaque année depuis, la communauté rend hommage à ce sacrifice en plantant 363 arbres dans la région.
   Un temple fut construit sur la terre imprégnée du sang Bishnoi il y a 200 ans, mais les vrais Dieux des Bishnois, les gazelles et autres animaux sauvages, broutent paisiblement autour de leurs habitations. Chaque jour des centaines de paons, pigeons et chinkaras (la gazelle indienne) se voient offrir du millet par cette communauté unique. Des réservoirs d'eau ont été construits pour étancher leur soif et les animaux malades sont soignés et alimentés à la main. Chaque famille Bishnoi dans la région dédie une partie de ce que produit leur terre à leurs enfants (antilopes et autres animaux), véritables membres de la famille qui se trouvent seulement être dans une autre forme de vie. Et quand ces enfants meurent, ils les enterrent en donnant un nom spécifique à chaque tombe. Le dévouement des Bishnois est tel qu'ils n'apprivoisent pas de chiens, de peur qu'ils fassent leur proie de jeunes antilopes.
   Après tout, ne dit-on pas des Bishnois que les grues demoiselle sont les soeurs de leurs femmes, les antilopes leurs fils, les boeufs les membres de leur famille, et les arbres Khejri leurs saints hommes. Et pour ces gens du désert, chaque membre de leur famille mérite soin et affection.

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Swayambhunath :
Si l'hindouisme est majoritaire au Népal, le bouddhisme tient également une place prépondérante par la renommée de ses monuments. Le Stupa de Swayambhunath est le plus ancien et le plus énigmatique de tous les lieux saints de la vallée de Katmandou. Perché sur une colline boisée, son dôme blanc et sa tour dorée sont visibles de loin. Chaque matin, des centaines de pèlerins gravissent les 365 marches qui y conduisent, car ce lieu est vénéré pour être le plus sacré de tout l'Himalaya. Une inscription sur une pierre atteste que le Stupa était déjà une destination de pèlerinage bouddhiste dès le Vème siècle, mais ses origines sont bien plus anciennes, comme nous le raconte la légende.
Bien avant l'aube de l'histoire, la vallée de Katmandou était recouverte par un grand lac. Le Bouddha Vipaswi vint au Népal pour méditer sur la colline qui surplombait la rive ouest du lac. Désirant donner aux gens de la montagne un objet d'adoration, Vipaswi jeta une graine de lotus dans le lac. Quand la fleur de lotus s'épanouit, une lumière mystérieuse se mit à briller au cœur de ses mille pétales et illumina la vallée entière. Cet endroit s'appela Swayambhu, signifiant "Créé ou Existant." Des saints, des sages et des divinités voyagèrent jusqu'au lac pour vénérer cette lumière miraculeuse. Pendant ce temps, le Bodhisatva Manjushri méditait sur la montagne sacrée de Wu Tai Shan en Chine, quand il eut une vision de l'éblouissante lumière de Swayambhu. Manjushri vola sur son lion bleu au-dessus des montagnes de la Chine et du Tibet pour venir adorer le lotus. Profondément impressionné, Manjushri estima dans sa sagesse que les habitants de l'Himalaya tireraient un grand bénéfice si l'eau du lac était drainée, et que le lotus et la flamme de Swayambhu étaient plus facilement accessibles aux pèlerins. Avec une grande épée, Manjushri coupa plusieurs gorges à travers les montagnes qui entouraient le lac. L'eau, s'écoulant, laissa le fond de la vallée propice aux cultures et Manjushri fonda une ville, Manjupattan. Il intronisa un de ses disciples comme roi et enseigna aux gens les bases du civisme, de l'artisanat, et aussi l'art des rituels. Sous la vallée, immobile, la tortue cosmique attendait dans les strates liquides de l'océan primordial. Afin de soutenir le lotus aux mille pétales et la charge de sa flamme après le drainage du lac, un immense poteau, de 7 brasses de circonférence et 42 brasses de hauteur, fut élevé sur le dos de la tortue. Un grand monticule de terre et de pierres fut empilé autour de cet axe par 42000 arhats (personnes ayant atteint la perfection). Ainsi furent créés la colline et le Stupa de Swayambhunath.  

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Sources :
La descente du Gange :
Mantraonline (www.mantraonline.com/channels/sage/index.html) Traduit de l'anglais.
L'origine de Ganesh :
Indian Mythology (
www.indianmythology.com/) Traduit de l'anglais.
Le voyage d'Himalaya :
Extrait du livre : "Banaras, City of Light" de Diana L. Eck - (Traduit de l'anglais.) 
© Alfred A Knopf, une branche de Random House Inc. 
La création de Khajuraho :  
Khajuraho (www.liveindia.com/khajuraho/History.html) Traduit de l'anglais.
Le Parc aux Cerfs :
Seikyo Times 2/79 (Traduit de l'anglais.) 
La légende du riz :
Internet Indian History Sourcebook - The World's Story: A History of the World in Story, Song and Art. (Boston: Houghton Mifflin, 1914), Vol. II - Eva March Tappan. (Modernisé par Prof. Arkenberg) Traduit de l'anglais.
Les lois de l'hospitalité : 
Le cercle des menteurs (Histoires philosophiques du monde entier) - Jean-Claude Carrière - Editions Plon 
L'antique colonne de fer :
Rediff / India / Par Tara Shankar Sahay - le 26 juillet 1999 (Traduit de l'anglais.)
Les Bishnois :
Yatraindia (http://www.yatraindia.com/wildlife/bishnoi.htm) Traduction libre.
Swayambhunath :
Traduction libre d'un extrait du site de Keith Dowman : "Power Places of Kathmandu"
"Lieux de Pouvoir de Katmandou", Le Courrier Du Livre, Paris, 1995.

 


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