Les catastrophes naturelles en Inde


      Le présent site internet a été mis en ligne le 25 janvier 2001. Le lendemain matin, un violent séisme frappait l'Etat du Gugerat en Inde, rappelant cruellement que si l'Inde possède une nature magnifique et généreuse, elle compte parmi les pays les plus vulnérables aux catastrophes naturelles, principalement d'origine climatique ou sismique. Faisant partie de la région Asie-Pacifique, qui est victime à elle seule de la moitié des grandes catastrophes naturelles dans le monde, l'Inde est sujette aux inondations et aux cyclones, aux tremblements de terre, aux sécheresses, aux glissements de terrain.
     Les inondations font partie des désastres les plus habituels en Inde, du fait des assauts répétés de la mousson. En 1998, des inondations particulièrement importantes dans l'Etat d'Uttar Pradesh ont touché plus de 12 millions de personnes et causé la mort de 1388 d'entre elles. En 2000, le Bengale Occidental fut touché de la même manière. Les régions affectées peuvent être nombreuses comme ce fut le cas en 2001 où pas moins de 11 inondations sévirent dans 8 Etats différents du pays, causant la mort de 650 personnes, en déplaçant des millions d'autres. On considère que 40 millions d'hectares de terres sont potentiellement exposées en Inde, correspondant à près des 4/5ème de la France. En outre, avec les phénomènes de déforestation et d'érosion, les pluies abondantes provoquent de nombreux glissements de terrain dans les zones montagneuses du nord et du sud de l'Inde, responsables également de la perte de centaines de vies humaines ces dernières années.
     Le pays doit également faire face à des tremblements de terre importants. La seule région Asie-Pacifique a enregistré 70% des séismes de plus de 7 sur l'échelle de Richter dans le monde. 50 à 60% du territoire indien est vulnérable à des activités sismiques d'ampleur variée. En 1993, le tremblement de terre de Latur dans l'état du Maharashtra a rasé 52 villages et des dizaines de milliers de maisons, tuant plus de 8000 personnes. En 1991 près de l'Himalaya, un séisme a causé la mort de près de mille personnes. En 1997 près de Jabalpur dans le Madhya Pradesh, un autre séisme détruisit 10,000 maisons au moins, causant la mort de 39 personnes. Mais c'est le 26 janvier 2001 que l'Inde connut le plus important tremblement de terre de ces cinquante dernières années. Estimé à 7.6 sur l'échelle de Richter, le séisme de Bhuj dans l'Etat du Gugerat détruisit 230,000 maisons et fit au bas mot 15,000 morts et 160,000 blessés.
     Avec sa grande péninsule et ses 8000 kilomètres de côtes, l'Inde est très vulnérable aux cyclones tropicaux. L'Etat du Gugerat sur la côte ouest a connu 11 cyclones sur la période 1975-1998. En 1998, avec des vents de plus de 200 km/h et des vagues de plus de 8 mètres, un très violent cyclone endommagea près de 257,000 maisons et emporta la vie de 3000 personnes. La côte Est est encore plus familière de ce genre d'événement. Le cyclone d'Andhra Pradesh en 1996 a touché 7 millions de familles et tué un millier de personnes. Mais c'est l'Etat d'Orissa qui connut en 1999 le cyclone le plus violent de son histoire. Après avoir souffert d'importantes inondations au mois d'août, la région fut touchée par deux cyclones consécutifs au mois d'octobre. Le premier développa des vents de 200 km/h. Le deuxième, dont l'intensité était inouïe, dévasta 250 kilomètres de côtes avec des vents qui atteignirent 300 km/h. Le bilan officiel s'éleva à dix mille morts au moins. Il faut rappeler que le Bangladesh, régulièrement dévasté par d'importantes inondations, a connu deux énormes cyclones en 1970 et en 1991 qui ont pris respectivement 300,000 et 138,000 vies humaines.
     Les sécheresses sont périodiques en Inde, même si elles n'occasionnent plus de catastrophes humanitaires comparables à celle de 1900 où plus de trois millions de personnes périrent, ou à celle, plus près de nous, qui fit entre 1965 et 1967 plus d'un million de victimes. En Inde, à cause de moussons insuffisantes, à peu près 33% des terres cultivables sont vulnérables à la sécheresse, auquel il faut ajouter 35% de terres supplémentaires pouvant être affectées les années les plus extrêmement touchées. L'Inde, dont les problèmes d'eau restent importants, a cependant développé une expérience importante dans la lutte contre les effets de la sécheresse, notamment avec les structures de collecte d'eau de pluie, et est aujourd'hui relativement épargnée, en tout cas en terme de vies humaines.

     Les conséquences de ces catastrophes naturelles sont particulièrement importantes en Inde et dans d'autres pays en voie de développement. La première des raisons en est la pauvreté et la faiblesse des infrastructures d'aide et de prévention. S'y ajoute la croissance démographique qui fait par exemple que dans certains pays, les inondations sont aujourd'hui jusqu'à 40 fois plus meurtrières que dans les années cinquante. La dégradation de l'environnement enfin, comme par exemple la déforestation, peut provoquer des glissements de terrain ou encore aggraver l'ampleur des tempêtes tropicales. Des initiatives existent cependant, et le gouvernement indien a créé un cabinet spécial pour lutter contre les calamités naturelles (CCNC). Par exemple, des stations radar pour la détection des cyclones ont été installées le long des côtes Est et Ouest du pays.
     Le 26 décembre 2004, un énorme tremblement de terre de magnitude 9.0 s'est produit au large de l'Indonésie, générant des raz de marée dans le sud-est asiatique et sur les côtes Est du Sri Lanka et de l'Inde où les Etats du Tamil Nadu et de l'Andhra Pradesh, ainsi que les îles Andaman et Nicobar ont été touchés. Cet événement d'une rare ampleur et d'une violence inouïe a une fois de plus touché en majorité les personnes pauvres, les petits pêcheurs, et souligné la nécessité d'un système de détection des tsunamis et la mise en place de moyens de prévention et d'évacuation efficaces. Il a également montré les étonnantes facultés de perception que possèdent les animaux sauvages qui ont plus d'une fois, grâce à leur comportement étrange, sauvé des vies humaines. Deux cents éléphants d'Asie, ainsi que des léopards, des buffles, des cerfs et des singes vivent dans le parc naturel de Yala au Sri Lanka, où la mer s'est engouffrée jusqu'à 3 kilomètres à l'intérieur des terres. H.D. Ratnayake, un représentant des services nationaux de protection de la nature, n'en revient pas : « La chose étrange est que nous n'avons découvert aucun cadavre d'animal. Aucun éléphant n'est mort, ni le moindre lièvre ou lapin. » (1)
     En ce qui concerne l'aide aux victimes, Jean-Michel Servet, professeur à l'IUED (Institut universitaire d'études du développement de Genève), apporte un précieux témoignage : "Je préconise un système de prêt pour permettre aux populations de reconstituer leurs moyens de subsistance. Les activités productives — commerces, bateaux... — doivent être privilégiées. Une fois remboursées, les sommes engagées permettront de financer de nouvelles activités et de dynamiser ainsi le système économique... Après le cyclone à Orissa (Inde) en 1999, les opérations d'urgence se sont transformées en association de microfinance. Grâce à une petite épargne prélevée sur le riz que leur apportait leur mari, les femmes ont pu contracter un petit prêt bancaire qui leur a permis de constituer un petit élevage.(2)
     
300,000 personnes ont perdu la vie à la suite du tsunami en Asie du sud-est. Vous pouvez lire ci-après un texte de Claudine Vernier-Palliez, journaliste envoyée spéciale en Inde, relatant les circonstances de la catastrophe dans le sud de l'Inde. En fin de page, quelques adresses d'ONGs ont été réunies, et notamment celles utilisant la microfinance comme moyen donnée aux plus pauvres de reconstituer dignement leur petite entreprise, leur maison, ou tout autre activité de reconstruction, qu'elle soit matérielle ou morale.
 

*****

Références :
-
UNEP (United Nations Environment Programme)
http://www.rrcap.unep.org/apeo/index.html
-
SEEDS
http://www.seedsindia.org/default1.htm

Notes :
(1) D'après l'article de Anne-Sophie Lechevallier - "Paris-Match" n° 2905.
(2) Quotidien "Le Temps" - Dossier spécial de Frédéric Lelièvre du samedi 8 janvier 2005 - (http://www.letemps.ch/)

 

 egg01.gif

 

 

Le temps s'est arrêté
De Claudine Vernier-Palliez (envoyée spéciale en Inde)
Paris-Match n° 2903 (du 6 au 12 janvier 2005)


     Les vautours ont longtemps dansé avec la mort. Ils tournoyaient dans le ciel sombre sur le sable devenu noir. Ils n'avaient jamais vu autant de cadavres. Et les pêcheurs épouvantés, jamais autant de vautours. Ils ne pouvaient imaginer que la mer miraculeuse qui est leur vie reprendrait en quelques instants tout ce qu'elle leur avait donné. Thanka Babu titube de tristesse sur la plage meurtrie. Il interroge la mer. Il lui demande pourquoi elle a volé ses quatre enfants, balayé sa maison, détruit son bateau. Pourquoi elle l'a ainsi trahi. Il marche sans savoir où il va puisqu'il n'a nulle part où aller. Comme des milliers de pêcheurs du Tamil Nadu, il a perdu tous les bonheurs et l'unique richesse de son existence, sa famille et l'outil qui fournissait aux siens leur riz quotidien. Sans ses enfants pour lesquels il se battait joyeusement contre les flots pas toujours commodes, certes, mais complices et généreux, sans sa barque et ses filets, il n'est plus rien.
     Ce mois de décembre était pourtant un mois sacré pour les hindous venus en procession offrir à la mer et aux dieux qui la peuplent des colliers de roses et de jasmin. Dès l'aube, des milliers de pèlerins assis sur le sable ont attendu le lever du soleil après une nuit de pleine lune, moment particulier, connu pour être d'excellent augure. Les enfants, eux, jouaient au cricket ou ramassaient des coquillages d'or sur la plage. C'était un jour particulièrement béni où l'Inde du Sud priait avec le même cœur, la même voix et une immense ferveur, faisant fi des déclarations des numérologues qui ont toujours considéré que ce nombre 8 (obtenu ici en additionnant les deux chiffres du 26) a la réputation de porter malheur. Le 26 janvier 2001, un tremblement de terre avait dévasté l'Etat du Gujerat et fait plus de 20 000 morts. Si personne, en général, n'oublie la date des catastrophes, personne n'avait jamais entendu parler des tsunamis. Ce 26 décembre était jour et lendemain de fête, et les dieux protègent ceux qui les honorent.
     Quand arrivent les premiers secours, la plage de Nagapattinam, avec ses milliers de corps d'hommes, de femmes et d'enfants, d'animaux boursouflés et gonflés d'eau, ressemble à une morgue à ciel ouvert sur une terre de guerre. Les enfants qui ont couru vers la mer au moment où elle s'est retirée si loin, laissant sur sa grève des milliers de poissons, ont été les premiers à disparaître. Quelques mères grattent encore le sol dans l'espoir d'en faire surgir ces êtres aimés et hurlent leur nom les mains tendues vers le ciel. Un petit garçon dessine dans le sable celui de son frère emporté. Afin d'éviter les épidémies, les survivants se sont vite regroupés pour chercher le bois des crémations et creuser des tombes communes. Ils ont brûlé les musulmans avec les chrétiens, enterré les hindous avec les musulmans, et prié les dieux de tous les panthéons, dans un grand chant funéraire et œcuménique. Aujourd'hui, on est bien au-delà des querelles, et la mosquée de Cuddalore a ouvert une soupe populaire pour tous ceux qui ont faim, sans distinction de caste ni de religion. Chaque aide est considérée comme une divinité. Des centaines de volontaires accourent pour apporter leur soutien. Des voisins, des amis, des inconnus, puis d'autres, plus tard, débarquant de l'Inde entière, entassés à douze dans des voitures ou des rickshaws brinquebalants, à trente à bord d'engins à trois roues pareils à des suppositoires ou à quatre-vingts sur le toit de camions. Ils arrivent même à vélo, tel cet homme vieux comme le monde qui pédale à bout de force, son porte-bagages plein de petits pains. De longs cortèges de solidarité chargés d'eau, de nourriture, de couvertures et de vêtements sillonnent les routes dans un désordre hallucinant avant de pénétrer au cœur de la souffrance. L'Inde refuse l'aide étrangère. Elle n'en a nul besoin, les caisses et les greniers sont pleins. Alors, égaré dans ses paperasseries administratives et kafkaïennes, le gouvernement prend son temps et, quatre jours après les vagues meurtrières, n'a envoyé que quelques pelleteuses et des appels par haut-parleurs pour réclamer de l'argent au bon peuple du Tamil Nadu. Quant aux leaders politiques des innombrables partis de l'Inde, ils ont sauté sur l'occasion et traversent les villes dévastées à grand renfort de gyrophares et de sirènes en promettant à ceux qui veulent encore les croire un soutien sans faille et des jours meilleurs, aussitôt qu'ils seront au pouvoir.
     La minuscule île de Thittu, au large de Chidambaram, s'est enfoncée de plusieurs mètres dans la mer. Sur les deux cents maisons, il n'en reste plus que cinq, et sur les cinquante bateaux, il n'en demeure que deux. Quatre-vingt-cinq des 885 habitants sont morts et l'on recherche encore une dizaine de corps. Ici, les vagues ont atteint la hauteur d'un immeuble et les gens ont vu les bateaux voler sur la mer comme des avions. « La première nous a recouverts comme un rideau d'eau et c'est son reflux qui a tué et tout emporté. S'il y a eu relativement peu de victimes, c'est parce que nous savons grimper aux cocotiers. Ils nous ont sauvés », raconte Arvil, un pêcheur. Sa barque a éventré sa maison, écrasant du même coup sa femme et ses deux fils. La première vague est arrivée à une vitesse de 600 km/h et la deuxième, haute d'une dizaine de mètres, puis la troisième, moins de dix minutes plus tard, ont achevé son carnage apocalyptique. Aujourd'hui, on marche doucement sur le sable de Thittu. Il est pavé de morts. Les habitants de l'île ont tous été déplacés sur le continent dans des campements de fortune, évacués en catastrophe quand ont été annoncées treize répliques qui n'ont pas eu lieu. Le gouvernement leur a promis de remplacer leur bateau « dans trois mois » et de reconstruire leur maison « dans six mois ».
     « Qu'allons-nous faire en attendant ? Apprendre à mendier ? » se demande Arvil, le pêcheur. En me ramenant sur la terre, il a vu les centaines de poissons nager autour de notre barque et hurlé « fish ! » avant de sombrer à nouveau dans une douleur inexprimable. Les distributions de vivres ont commencé dans une sorte de tristesse joyeuse où les rires remplacent momentanément les pleurs. Pour s'achever, lorsqu'elles viennent à manquer, en crises d'hystérie. Par endroits, la faim rend les hommes fous. Alors, ils s'étripent avec une fureur éperdue et si particulière à ce pays réputé, un peu à tort, être celui de la non-violence. Même les corbeaux, qui d'ordinaire mangent n'importe quoi et raffolent des ordures, ont si faim qu'ils dévorent les excréments. Les chiens se battent entre eux pour un morceau d'os ; un chevreau déjà squelettique agonise sur un morceau de terrasse d'une maison explosée et les vaches broutent le sable. L'O.n.g. nantaise One Voice a dépêché ses correspondants indiens à travers les régions les plus touchées du sud de l'Inde, et quatre vétérinaires écument les villages du Tamil Nadu en expliquant aux habitants comment faire des crémations afin d'éviter que les carcasses d'animaux dispersées par milliers sur les plages ne propagent d'autres épidémies. Ils ont trouvé du sable dans les bouses de vache qu'ils avaient analysées. Il n'y a plus un brin d'herbe et même l'eau courante est salée. Pour que les pêcheurs qui ont tout perdu puissent au moins récupérer leurs bêtes nourricières à leur retour, des volontaires tentent de soigner le maximum d'animaux, la plupart gravement blessés. Ils ont découvert une maison éventrée par un bateau où toute la famille avait succombé, sauf une chèvre, et sauvé un veau tombé dans un puits. En Inde où les hindous avaient, à l'époque du Raj, ouvert des maisons de retraite pour les vieilles vaches que les Anglais transformaient en rosbifs, les hommes ont de tout temps entretenu des liens extrêmement familiers et respectueux avec les animaux. Un petit chien jaune de Pondichéry est devenu un héros et a fait la une des journaux parce qu'il a sauvé un enfant.
     Dans le cimetière de Nagapattinam où un iris jaune a fleuri, incongru, une femme erre parmi les tombes dévastées dont elle avait la garde. « J'ai vu la vague arriver sur moi quand je me suis retournée pour voir d'où provenait ce vacarme, comme un gigantesque coup de tonnerre. L'eau m'a entièrement submergée, je ne pouvais plus bouger et j'ai pensé que ma vie s'arrêtait là. » Son mari, qui nettoyait les tombes, a réussi à la sauver en la tirant par les cheveux. « Aujourd'hui, je ne comprends pas pourquoi je suis vivante. C'est comme si je m'étais réincarnée. » Vasanda est gardienne de cimetière. C'est son métier. Elle n'en a jamais fait d'autre. « Maintenant qu'il n'y a plus de cimetière, où vais-je aller ? »
     Quelques jours après ce cataclysme que personne n'oubliera jamais, la vie reprend et, avec elle, une gaieté mêlée de cette fatalité particulière aux gens de l'Inde, dont le pandit Nehru disait qu'elle « est vouée à devenir la conscience du monde ». Car la vérité de la mort appartient ici à une existence invisible qui la rend plus légère, sinon moins douloureuse, et que l'âme de l'Inde a depuis longtemps pénétrée.
 

 *****

Source :
Reproduit du "Paris-Match" n° 2903 (6 au 12 janvier 2005) avec la permission de l'auteur, Claudine Vernier-Palliez (envoyée spéciale en Inde).
Montage photos d'après les clichés du site de
ASA - Grama Vidiyal.

Liens divers pour vos dons :
     PLANET FINANCE
     PLANET FINANCE Reconstruction Asie du Sud

     CCFD (Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement)

     UNICEF

     CARE France
     
CARE India

Institutions de microfinance présentes sur le terrain :
Sri lanka :
SEEDS : Travaille avec 55 000 microentrepreneurs au Sri Lanka

Inde :
ASA Grama Vidiyal : 27 agences dans la province du Tamil Nadu - 68187 clients.
     ASA - Grama Vidiyal
     ASA, The Activists for Social Alternatives

CRED : 3 agences dans la région côtière du Tamil Nadu -12 000 clients.

Development Promotion Group, NSVK, RIDO travaille avec 7 500 microentrepreneurs, SURP travaillle avec 600 microentrepreneurs

 

 


RETOUR  SOMMAIRE  TEXTES & POÈMES