« En fait, la vie d'Alain Daniélou,
si pleine de recherches érudites et de compositions savantes, aura bien
été cet incessant voyage d'agrément où place était
joyeusement accordée aux plaisirs et à l'aventure. En cela il
fut un être dérangeant, un de ceux qu'aucune fonction ne définit,
qu'aucun travail ne résume, qu'aucun bilan ne saurait classer. D'ailleurs,
Daniélou était inclassable. En dépit d'une œuvre immense
d'indianiste, de musicologue, de traducteur, d'écrivain, il n'ambitionna
rien, ne s'attacha à rien, ne quémanda ni reconnaissance ni sinécure.
»
André Velter - Le Monde, 1994.
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La Femme
Hindoue et la Déesse
Texte de Alain Daniélou tiré du livre "La
Civilisation des différences".
Copyright © Editions Kailash et Jean-Louis Gabin.
Lorsque dans le substrat
neutre, inerte, non-polarisé, au-delà du mouvement, de l'espace
et du nombre, la première tendance vers la création apparaît,
cette tendance a déjà la forme d'un courant, d'une tension entre
deux pôles opposés. Ce dualisme, essence de toute existence mentale
ou physique, peut être représenté comme un principe mâle
et un principe femelle qui pénètrent en toute chose, qui sont
la nature de toute forme, de toute pensée, de toute vie. Il ne saurait
être question de préséance ou d'antériorité
entre ces deux pôles dont l'opposition fait naître la pensée
comme la matière. L'un ne peut exister sans l'autre. D'après les
textes shivaïtes, Shiva, le principe mâle, sans le « i »
qui est la shakti, la puissance, le principe femelle, n'est qu'un cadavre shava
c'est-à-dire retourne à l'état neutre du substrat non-manifesté.
L'opposition des principes mâle et femelle
apparaît à tous les degrés de la manifestation. Il ne saurait
exister aucun atome, aucun élément, aucune forme, aucune substance,
aucun être qui n'en soient l'expression. Ces deux principes éternellement
unis et inséparables, qui n'existent que l'un par l'autre, sont en même
temps les plus opposés, les plus contraires, les plus inconciliables.
La masculinité totale, comme la féminité totale, sortent
immédiatement du manifesté, de l'existant. Il est donc logique
que l'une et l'autre puissent être prises comme symboles de la transgression
au-delà du cycle de la vie, de la libération totale de l'être,
du retour au substrat non-polarisé. Il existe donc deux voies opposées
de libération, la voie mâle et la voie femelle, Shiva et Shakti,
et vers ces deux voies nous mènent les aspects du manifesté où
leur opposition est la plus marquée, leur forme la plus entièrement
apparente, tels que le jour et la nuit, les organes procréateurs, la
volupté et l'abstinence, la lumière de la connaissance et l'obscurité
du non-penser.
Tout ce qui est intermédiaire entre les
pôles de la masculinité et de la féminité absolus
procède de l'un et de l'autre. Tout ce qui existe possède à
des degrés divers cette double nature, à la fois mâle et
femelle. L'hermaphrodite est donc l'image du créé, du divin manifesté.
La différenciation des êtres et des choses provient du degré
de masculinité et de féminité des éléments
qui les composent. Il en résulte que, dans les rapports complexes du
monde formel, chaque aspect, chaque être, est mâle ou femelle par
rapport à un autre aspect, un autre état d'être.
Appliqué à la société
humaine, ce principe fait que chaque degré hiérarchique est masculin
par rapport au degré qui lui est inférieur ou supérieur.
Ainsi le roi est féminin par rapport au prêtre et lui est donc
soumis ; le marchand est féminin par rapport au roi et lui doit obéissance
; l'artisan est féminin par rapport au marchand et le sert comme un esclave
; l'armée, Séna, est la seule épouse de Skanda,
l'adolescent vierge, dieu de la beauté et commandant de l'armée
des dieux. Les ascètes et les sages qui virent le dieu Râma dans
la forêt obtinrent de lui, comme fruit de leurs sacrifices, de renaître
bergères pour être ses amantes lorsqu'il reviendrait sur terre
sous la forme de Krishna, l'incarnation de l'amour.
C'est le degré de féminité
ou de masculinité dans chaque être par rapport à d'autres
êtres qui détermine son rôle, sa fonction. Pour se conformer
à sa nature, pour réaliser ses potentialités, chacun devra
déterminer sa position par rapport à ceux qu'il approche et ainsi
réaliser son dharma, un mot qui veut justement dire « conformité
à ce qu'on est ». Le travail de l'homme anxieux de se libérer
de l'esclavage de l'existence, consiste d'abord à se connaître
afin de pouvoir se conformer à sa nature, puis à se libérer
d'elle. Sur le plan de la société humaine, les devoirs masculins
et féminins sont fondamentalement, irrémédiablement, opposés
; et c'est seulement lorsqu'ils suivent des lois contraires et complémentaires
que ces deux moitiés de l'humain se réalisent pleinement et sont
égales.
Du point de vue exotérique, le principe
mâle apparaît supérieur. La lumière, la force, la
sensualité, le savoir, l'homme, dominent la nuit, la grâce, l'ascétisme,
l'intuition, la femme. C'est pourquoi dans l'ordre social, la femme est soumise
à l'homme. Elle est son épouse, son esclave, sa compagne, son
complément, son ombre. C'est dans ce rôle qu'elle se réalise,
qu'elle est la perfection d'elle-même, qu'elle atteint par sa soumission
ce que l'homme doit gagner par sa force. L'homme est pour la femme la personnification
même du divin. Elle n'a besoin d'aucune autre image. Son rituel consiste
à honorer ce dieu. En vénérant et en servant son époux,
elle accomplit la totalité de sa fonction, la réalisation totale
de sa condition physique.
Du point de vue ésotérique, c'est
le principe féminin qui prime. Dans les rites secrets et magiques, la
femme joue le rôle essentiel et dominant. Même dans l'ordre extérieur,
elle règne sur la maison, la cellule intérieure et cachée,
le sanctuaire dont elle est la déesse. Le père accomplit pour
ses fils les rites d'initiation et de caste, mais c'est la bénédiction
de la mère qui est nécessaire pour entrer dans la voie secrète
du sannyasa, du renoncement.
Pour comprendre la position de la femme dans la
société hindoue, il faut se rappeler que la notion d'une égalité
matérielle n'existe nulle part et sur aucun plan. Chaque être est
né différent de tout autre être. Dans le nombre presque
indéfini des combinaisons possibles des éléments qui constituent
l'être vivant, il est pratiquement impensable que le même arrangement
puisse se reproduire, que deux êtres soient absolument identiques, ayant
la même nature, la même apparence, la même fonction, le même
rang. Toutefois, selon leurs caractéristiques, on peut classer les êtres
en catégories qu'il s'agira pour chacun de réaliser afin de pouvoir
atteindre la perfection de ce qu'il est, seul chemin du progrès intérieur.
Tout homme a donc à réaliser la
perfection d'un rôle social ou extérieur et la perfection d'un
rôle personnel ou intérieur. Ces deux rôles peuvent être
profondément différents et même contradictoires : ainsi
nous verrons des hommes de basse caste devoir gagner leur vie dans d'humbles
professions mais être en même temps des sages, des philosophes,
des saints, des artistes devant lesquels rois et brahmanes s'inclinent avec
respect. Cette opposition est particulièrement apparente chez la femme,
à la fois humble et exaltée, esclave et déesse, épouse
soumise et mère toute puissante.
La naissance n'est point un hasard pour l'Hindou
mais le résultat d'un degré de maturité de l'être
transmigrant. Les circonstances de notre naissance correspondent au degré
de développement de notre être, aux conditions mêmes dans
lesquelles nous pouvons le mieux progresser. Nul n'a donc avantage à
vouloir changer d'état, de fonction, à vouloir accomplir les devoirs
de quelqu'un d'autre. C'est pourquoi, excepté dans des cas limites très
rares, on ne change pas de sexe, ni d'espèce, ni de race, ni de caste
au cours d'une vie.
Toutefois, si nous voulons brûler les étapes,
nous efforcer de nous libérer rapidement de l'esclavage de la vie, nous
pouvons, quel que soit le degré de développement où nous
nous trouvons, quelle que soit notre place dans la hiérarchie humaine,
image de l'ordre céleste, renoncer aux activités extérieures
et nous consacrer entièrement à l'identification de notre moi
transmigrant avec le soi cosmique. C'est la voie du sannyasa, du renoncement,
qui exclut presque toute activité extérieure, tout rôle
social.
La hiérarchie extérieure des êtres
et des choses est généralement l'opposé de l'ordre intérieur.
C'est ainsi que dans le Kali yuga (1), l'âge
du monde où nous nous trouvons, l'état de femme et l'état
de shudra ou d'ouvrier sont les plus désirables car ils permettent, par
la seule humilité, la seule dévotion au maître visible,
de réaliser la perfection extérieure qui permet le développement
intérieur, nous libère des chaînes pesantes de la vie et
nous mène sans effort vers les hautes sphères de la félicité
et de la connaissance. En revanche, l'état de brahmane, si noble, si
magnifique, est désastreux dans l'âge sombre car il exige des disciplines
si sévères, des accomplissements rituels si difficiles que la
faillite est presque certaine. L'être qui manque l'accomplissement de
son destin retombe dans des sphères inférieures dont il ne sortira
qu'après d'interminables efforts. Ce n'est point par hasard si, depuis
plus d'un millénaire, presque tous les grands poètes mystiques,
les grands saints de l'Inde, ont été des hommes de basse naissance
qui pouvaient se libérer aisément de leurs responsabilités
sociales et rituelles afin de se consacrer à leur vie intérieure.
Ainsi, vers la fin du cycle, nous approchons d'un
renversement des valeurs. Les rites shakta, où le principe féminin
prédomine, sont les seuls efficaces. Nous voyons poindre, parmi les ruines
des hiérarchies extérieures, la nuit de la destruction et de la
mort à travers laquelle le principe féminin de la connaissance
transcendante apparaît triomphant dans son obscurité plus resplendissante
qu'un million de soleils.
Dans la société exotérique,
c'est-à-dire dans l'ordre social qui protège la transmission des
rites, plus nous nous élevons dans la hiérarchie, plus le rôle
du mâle est important, le rôle de la femme effacé. Le mâle
est le gardien de l'ordre extérieur, des rites, des textes révélés,
des connaissances transmises par les ancêtres. La plus noble des femmes,
la femme du prêtre, est la plus humble, la plus modeste, la plus sacrée,
la plus intouchable.
Au bas de la hiérarchie, au contraire,
la femme prédomine dans l'ordre matériel. Elle règne, elle
possède. L'homme est seulement un fécondateur au rôle secondaire.
Il s'adonne aux arts, aux plaisirs, à la dévotion, aux rites secrets.
C'est pourquoi, alors que la famille du prêtre, du brahmane, est toujours
patriarcale, la famille artisanale est, à des degrés divers, matriarcale.
Dans certaines régions de l'Inde, le peuple et même les rois sont
soumis au régime matriarcal. La terre, la maison, la richesse appartiennent
aux femmes. La fille hérite de sa mère, les hommes travaillent,
jouent, font la guerre. Les femmes, issues de la terre et proches d'elle, sont
les gardiennes des biens qu'elle concède.
Dans l'ordre ésotérique, le rôle
du féminin est prédominant. Le prêtre vénère
la déesse, les symboles féminins. L'œuvre ésotérique
des plus grands philosophes est consacrée à la glorification de
ce principe. Les initiations des plus hauts ordres de sannyasin sont de forme
shakta. Par contre, dans les basses castes où le féminin prédomine
extérieurement, l'ésotérisme est phallique. Dans les rites
secrets des corporations, les danses, les cérémonies, les symboles,
les invocations, mettent en avant l'aspect mâle du divin.
L'homme androgyne, en qui s'unissent certains
aspects masculins et féminins, possède un caractère sacré
particulier car il symbolise en quelque sorte la résultante de l'union
des principes, la substance de la richesse et de la vie. Il est donc considéré
comme de bon augure ; sa présence est nécessaire à la représentation
des mystères sacrés ; elle est favorable lors des cérémonies
de mariage. Il existe des rites nettement homosexuels mais très secrets,
associés aux rites de Ganapati et de Skanda, les fils de Shiva.
Dans tous les aspects du manifesté, la
forme pure, le concept abstrait des choses, la pensée dont naît
le cosmos et les aspects multiples du perceptible, sont considérés
comme mâles. L'énergie, la puissance, la force par laquelle ces
formes abstraites deviennent des réalités perceptibles, sont femelles.
C'est pourquoi dans le panthéon hindou chaque aspect de l'être
manifestant, chaque dieu, n'a d'existence, de réalité, de pouvoir
de se manifester que lorsqu'il est uni à sa compagne, sa contrepartie
féminine, sa shakti, sa puissance.
L'union du phallus et de l'organe féminin
est le symbole de la réalité divine comme de la réalité
cosmique et physique. Cette union est l'origine et la fin de l'existence, ainsi
que la cause de sa continuation. L'acte sexuel est donc le plus important des
rites et, accompli comme un rite, est le moyen le plus efficace de participer
à l'œuvre cosmique. Tous les autres rituels en sont l'image et reproduisent
symboliquement cette union. Agni, le dieu du feu, le principe mâle, se
manifeste dans le kunda, le foyer de l'autel, image du féminin.
Les Upanishad expliquent tous les aspects du rituel des sacrifices comme
les différentes étapes de l'acte d'amour.
« La femme est le foyer, l'organe mâle
est le feu, les caresses sont la fumée, la vulve est la flamme, la pénétration
le tison, le plaisir l'étincelle. Dans ce feu, les dieux sacrifient la
semence et un enfant naît. » (Chândogya Upanishad,
5, 4-8)
« L'appel est l'invocation de la divinité.
La demande est le premier hymne de louanges. S'étendre près de
la femme est l'hymne de gloire. Se mettre face à face avec elle est le
chœur. Le paroxysme est la consécration. La séparation est l'hymne
final. Celui qui sait que cet hymne de Vâmadeva (2)
est tramé sur l'acte d'amour se procrée lui-même à
nouveau à chaque union. Il vit cent ans, la durée normale d'une
vie. Sa descendance et son bétail sont nombreux. Grande est sa renommée.
» (Chândogya Upanishad 2, 13,1)
Dans les sacrifices védiques et les rituels
domestiques, la présence et la participation de l'épouse sont
indispensables. La femme possède une fonction sacerdotale essentielle
même dans les rites publics et doit, comme l'homme, s'y préparer
par le jeûne et la purification.
Lorsque l'homme renonce au monde, à son
rang et à son devoir social pour se consacrer à la réalisation
spirituelle, il perd sa caste, son nom, et revêt la robe couleur de deuil,
la robe orange du moine. Dans ce nouvel état, la différence des
castes est abolie. Cette voie est ouverte également à la femme.
L'histoire de l'Inde est pleine de yogini, femmes yogi pratiquant des
austérités incroyables, de saintes errant sur les chemins, de
temple en temple, en chantant les louanges d'un dieu.
Dans la troisième étape de la vie,
lorsque l'homme vieillissant doit abandonner sa maison et sa fortune à
ses fils afin de se retirer dans la forêt pour méditer, son épouse
l'accompagne. Plus tard l'homme renonce même à son ermitage et
doit partir seul, sans bagage humain. Son épouse alors retourne auprès
de ses enfants ou bien emprunte elle-même la voie solitaire du moine errant.
La nature de la femme, comme sa fonction, est
double. Toute femme possède deux natures, deux caractères entièrement
distincts. Elle est épouse et elle est mère. Comme amante, elle
représente la force, la puissance créatrice du principe mâle,
sans elle stérile. Elle est son inspiration, l'instrument de sa réalisation,
la source de son plaisir. Elle est l'image de la shakti, la puissance et la
joie des dieux qui, sans elle, n'ont point d'existence. Mais c'est dans son
rôle de mère que la femme représente l'aspect transcendant
du divin. Elle est le refuge suprême. Le mâle ne joue plus ici de
rôle. La déesse-mère est la source unique de l'être,
l'état suprême du conscient, le principe de la vie. Elle est l'image
du calme de la nuit primordiale auquel aspire l'homme ballotté sur l'océan
de la vie et qui cherche à retrouver l'état de perfection, la
paix totale dont il est sorti. La mère universelle apparaît donc
à l'homme comme l'état suprême de la divinité. L'absolu
est pour lui un principe féminin. L'immensité primordiale, le
brahman, le substrat indéterminé n'est en soi qu'une base sans
orientation. Toute création, toute pensée, toute forme, toute
existence viennent de la mystérieuse énergie qui apparaît
dans le substrat, de cette matrice dont sortiront les formes et les êtres,
de la grande déesse, la mère universelle.
C'est donc en tant que mère que la femme
est le symbole de l'aspect transcendant du divin, en tant que mère qu'elle
est divine et vénérée. La mère est dépourvue
d'artifices, elle est « sans maquillage » (niranjana). Elle
est le réconfort de l'homme errant dans les déserts du monde.
Elle est le pardon, la charité, la compassion sans limites. La femme
qui réalise la perfection de l'état matériel est la porte
même du ciel.
*****
Source :
"La Civilisation des différences" de Alain Daniélou (pp. 81 à 89) - Collection
"les cahiers du mleccha"
dirigée par Jean-Louis Gabin - Editions Kailash,
2003.
Notes :
(1) Kali-Yuga : "L'Age
de Fer" ; le quatrième Age, celui des conflits et des ténèbres,
dans lequel nous nous trouvons. Les trois premiers Ages sont : le krita, ou satya-yuga, le trêta-yuga
et le dwâpara-yuga.
(2) Le dieu de la main gauche ou aspect tantrique
de Shiva.
Notice bio-bibliographique :
Alain Daniélou (1907-1994)
découvre dès l'enfance la musique et la peinture, et plus tard
le chant et la danse classique. Son goût pour les voyages d'exploration
et pour l'Asie l'amena en Inde où il vécut plus de vingt ans.
Après avoir séjourné auprès de Rabindranath Tagore
et de ses amis français (Romain Rolland, André Gide), il se retire
à Bénarès au bord du Gange. Il y étudie notamment
la musique classique indienne, jouant excellemment de la vina, et la philosophie
dans les écoles d'enseignement traditionnel. Il connaît le sanskrit
et parle le hindi parfaitement. En 1949, il est nommé professeur chargé
de recherches à l'Université de Bénarès, puis directeur
de la bibliothèque d'Adyar à Madras (l'une des plus riches de
l'Inde) en 1954, et enfin professeur à l'Institut français d'indologie
de Pondichéry en 1956. De retour en Europe, il crée en 1963 l'Institut
International d'Etudes Comparatives de la Musique à Berlin et Venise.
On lui doit l'organisation de concerts pour les grands musiciens de l'Asie et
les premiers enregistrements des plus anciens monuments de la musique traditionnelle.
Avec des personnalités comme le violoniste Yehudi Menuhin ou le sitariste
Ravi Shankar, son action sera décisive dans la reconnaissance de la musique
classique de l'Inde non comme du folklore où elle était jusque
là cantonnée mais comme un grand art savant au même titre
que la musique occidentale. Ses nombreux ouvrages sur les différents
aspects de la vie culturelle et religieuse de l'Inde ont été traduits
et publiés dans de nombreux pays. Il a obtenu de très nombreux
prix et distinctions. Soucieux du respect des races et des cultures, il militait
pour la liberté, les différences et le pluralisme, convaincu de
l'importance de la culture et de la religion véhiculées par l'Hindouisme
Citons, parmi ses ouvrages :
"Origines et pouvoirs de la musique" (Kailash)
"Shivaïsme tradition primordiale" (Kailash)
"Mythes et Dieux de l’Inde, Le polythéisme hindou" (Flammarion)
"La Fantaisie des Dieux" (Le Rocher)
"La musique de l’Inde du Nord" (Fata Morgana)
"Histoire de l’Inde" (Fayard)
"Le Chemin du Labyrinthe" (Le Rocher)
"Les Contes du Labyrinthe" (Le Rocher)
"Visages de l’Inde Médiévale" (Hermann)
"Le
Tour du Monde en 1936" (Flammarion)
"Shiva et Dionysos, la religion de la nature et de l’éros"
(Fayard)
"Yoga, Méthode de Réintégration" (L'Arche)
"Traité de Musicologie Comparée" (Hermann)
Tous mes remerciements aux Éditions Kailash et à Jean-Louis Gabin