Capitale de l'Inde, Delhi est, avec ses 9 millions d'habitants, la plus ancienne des grandes métropoles indiennes. Digne héritière des sept cités médiévales qui la précédèrent au cours de l'histoire, New Delhi, érigée par les anglais, avec ses parcs et ses larges rues ombragées vit le jour en 1931. A mille kilomètres de là, nichée dans les contreforts de l'Himalaya, la petite ville de Darjeeling (cent mille habitants quand même), s'étire à 2134 mètres d'altitude au milieu des plantations de thé. Véritable joyau naturel, 4000 sortes de plantes à fleurs s'y épanouissent. Bombay, rebaptisée Mumbai en 1996, est la capitale financière et économique de l'Inde. C'est une ville grouillante et bouillonnante de plus de 16 millions d'habitants dont près de la moitié vit dans des bidonvilles. Elle abrite un de ces miracles d'organisation dont l'Inde a le secret. Chaque jour, des dizaines de milliers de repas préparés par l'épouse le matin depuis les banlieues lointaines sont regroupés, acheminés à vélo, en train, en charrette, organisés grâce à un code mystérieux par des centaines de porteurs (dabba wallahs) souvent illettrés, puis distribués sans erreur ni retard, à l'époux dans les bureaux à midi. A l'extrême sud de la péninsule indienne, Madurai est une ville sacrée très ancienne qui attire des milliers de pèlerins. Toute la vie tourne autour du magnifique temple Sri Meenakshi dont les hautes tours délicatement sculptées dominent la ville. Jodhpur est la ville bleue du Rajasthan dont la vue peut-être admirée depuis le fort de Meherangarh, vestige majestueux d'un passé turbulent, qui s'élève à 125 mètres au dessus de la plaine. Agra atteignit les sommets de sa gloire au 17ème siècle pendant l'ère Mughal comme l'atteste le plus célèbre de ses monuments, le Taj Mahal. La photo appartient peut-être déjà au passé car le récent déclin de la population des vautours en Inde, victime d'une probable maladie, met en péril leur survie.

 

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Carte de l'Inde

       


 


"Courtesy of The General Libraries, The University of Texas at Austin."

      

 


 

MYTHES  &  LÉGENDES

L'histoire que j'ai choisie de vous raconter n'est pas une légende. C'est l'histoire vraie d'un petit monument à l'ombre du Qutab Minar, impressionnante tour musulmane du XIIème siècle au sud de New Delhi. La vie de ce monument discret contient néanmoins tous les ingrédients propres aux légendes. Elle mêle passé et présent, mythe et réalité, et une bonne dose de mystère. Elle vous est racontée dans La colonne de fer :



HAUT

Des taches blanches ont commencé à apparaître sur l'antique colonne de fer à New Delhi, qui pendant plus de 1600 ans a été considérée comme un étonnement métallurgique en défiant la rouille et les caprices de nature.

Elle est debout, fière et provocante, une relique exotique d'un passé extravagant. La colonne de fer, située au centre de la Mosquée Quwwatul dans le secteur historique de Mehrauli, continue à étonner les touristes, qui se demandent comment une telle pièce d'artisanat ancien est restée sans rouille. On dit qu'elle a été construite pendant l'âge d'or de la dynastie Gupta. La colonne est érigée à côté du mondialement renommé Qutb Minar.
 
Selon A. K. Khanna, l'assistant ingénieur responsable de l'Archeological Survey of India, d'éminents métallurgistes du monde entier ont rendu des hommages élogieux au talent des anciens artisans hindous qui avaient apparemment maîtrisé la science des métaux.
 
Khanna révéla comment, déconcerté par la capacité de la colonne à "conjurer la rouille," le célèbre archéologue britannique Sir Alexandre Cunningham en envoya un échantillon pour une analyse chimique qui révéla qu'elle était faite de fer malléable pur - 99.9 pour cent. "Mais," conclut-il, "personne jusqu'à aujourd'hui n'a été capable d'établir comment la science métallurgique avait atteint de tels sommets pendant le règne du Roi Chandra II Vikramaditya de la dynastie Gupta."
 
Les historiens semblent également désemparés sur la date exacte de l'origine de la colonne. Une inscription sur la colonne en écriture Pali la mentionne comme Vishnudhwaj (le symbole du Dieu hindou Vishnu) sur le sommet du mont Vishnupad (les pieds de Vishnu).

En 1897, l'historien britannique Vincent A. Smith a étudié cette inscription, mais fut étonné par une autre inscription plus bas. Alors que l'inscription au sommet de la colonne indiquait que c'était le monument de victoire du Roi Chandra, celle du bas mentionnait le Roi Anang Pal II de la dynastie Chauhan qui régna en Inde du nord durant la fin du onzième siècle.

Cela a d'une manière prévisible mené à quelque confusion. Beaucoup de mythes ont également entouré la colonne. Le docteur Munish Chandra, ancien directeur général de l'Archeological Survey of India et célèbre savant, a cherché à séparer la légende de la réalité.

Dans les siècles précédents, beaucoup d'hindous dévots ont commencé à croire que le puissant Bheem (l'homme fort des textes mythologiques du Mahabharata) souleva la colonne avec sa main droite et l'empala dans la terre. "Cela se développa en une légende que les masses hindoues religieuses ont aisément absorbée," affirma le Docteur Chandra.
 
La colonne est une solide tige de fer de 7 mètres 20 de hauteur. Son diamètre varie de 32 cm au sommet à 42 cm au sol. Quand on lui demanda des détails sur ses recherches, le Docteur Chandra souligna que la colonne était entourée par une image du Dieu Vishnu, qui fut probablement enlevée par les envahisseurs Musulmans. Cela explique pourquoi les dirigeants Musulmans la laissèrent au centre de la Mosquée Quwwatul.
 
Il a été par la suite découvert que la colonne n'a pas été coulée, mais minutieusement construite par un processus de soudure.
 
L'historien britannique Percival Spear, par ses recherches, fut capable de déterminer qu'il y avait une statue attachée à la colonne mais il n'a pu l'identifier.

Même après le passage de 15 siècles, la colonne de fer reste autant une énigme qu'elle l'était après le règne du Roi Chandra. Cependant, la croyance hindoue répandue qui raconte qu'elle a été empalée là par Bheem a abouti à un problème particulier.
 
Comme chaque jour des centaines de touristes indiens curieux essayent d'encercler la colonne de leurs bras (selon la légende hindoue, y parvenir apporte la bonne fortune), des taches blanches ont commencé à apparaître sur sa partie inférieure. Inquiet, Khanna mit en garde, "L'homme a détruit beaucoup de monuments historiques. Nous devons prendre garde à ne pas endommager cette colonne de fer qui est une grande attraction universelle."
 
On ne sait pas si l'appel de Khanna pour la conservation sera vain ou si le bon sens prévaudra. Quoi qu'il en soit, la colonne du Roi Chandra continue à être une source d'édification et de mystère : un vrai hommage à l'héritage puissant de l'Inde.

 




Source : Rediff / India / Par Tara Shankar Sahay - le 26 juillet 1999
(Traduit de l'anglais.)


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